L’agenda de la ménagère

 

Je vous en avez déjà touché trois mots ici et je voudrai vous le montrer en détails.

 

 

Comme tous les agendas, il commence par un calendrier de l’année : ici c’est 1914 et par la liste des fêtes à souhaiter et j’apprends donc qu’en 1914 la Sainte Sophie était le 1er août au lieu du 25 mai actuel.

 

Puis, après quelques publicités savoureuses, nous passons aux choses sérieuses.

 

Chaque début du mois est présenté par un calendrier dudit mois , d’une très belle illustration et d’une publicité : rappelez vous que votre agenda vous a été offert par l’Epicerie Louis Prost !

 

Toutes les pages des mois sont identiques : les dépenses et les recettes puis la récapitulation du mois et le budget : en fait c’est plutôt un livre de comptes qu’un agenda comme nous l’entendons de nos jours !

A la fin du mois vous avez les notes du mois et des menus et recettes :

 

Je sens que vous mourrez d’envie de voir une recette, et bien voici :

 

 

Vous remarquerez que le menu du soir est beaucoup plus copieux que celui du midi !

 

A la fin de cet agenda se trouve le carnet de blanchissage de la maison : le linge de Madame, le linge de Monsieur, celui des enfants, des domestiques et enfin le linge général de la maison.

 

Puis nous avons l’agenda des jours de réception des dames que nous fréquentons :

Et c’est là que nous en arrivons au plus intéressant :

D’abord, quelques recettes pratiques sur cinq pages tout de même !

Et ma foi bien instructives !!!

 

Je vous donne deux astuces de la ménagère :

Contre l’insomnie :

Boire un verre de malaga le soir en se couchant, ou faire chaque jour une longue promenade à pied au grand air .

Pour enlever les taches de rouille sur le linge :

Passez sur la tache de la pulpe de citron, puis repassez avec un fer chaud, sans qu’il soit trop brûlant.

 

Nous avons ensuite tous les renseignements divers et variés comme les dates à retenir ( vélocipèdes : déclarations : dans les 30 jours de l’acquisition ) , le prix des billets de train, des lettres et des colis postaux :

 

Puis l’instant le plus savoureux de l’agenda :  » la formation de ménagère de la femme  »

Le texte débute ainsi :  » Parmi les causes du lourd malaise qui pèse sur nous, l’une des plus inquiétantes est l’affaiblissement de la famille sous l’assaut combiné des lois et des moeurs . »

et donc plus loin :  » le famille vaut ce que vaut la femme : le père en est le chef; mais la femme en est la base. C’est elle qui est la providence ou la ruine du ménage (…) c’est elle, d’après Fenelon,  » qui fait ou défait la maison ».

 » Le taudis accuse la femme; le home propre et riant la glorifie « .

 » On ne saurait donc proclamer assez haut l’importance de la ménagère  » dont le prix, disent les livres saints, surpasse celui des perles « .

 » la tenue du ménage est une science qui ne s’improvise pas. Beaucoup de femmes ne savent ni coudre ni faire la cuisine, et cette ignorance a sur les destinées de la famille les plus lamentables conséquences. »

 » l’enseignement ménager apprend à la femme son métier d’épouse et de mère, l’art et la science d’administrer avec économie le budget du ménage, de faire régner dans son foyer l’ordre, la propreté, le charme, qui retiendront le père à la maison, lui rendront la vie douce, le travail facile, l’envelopperont d’une atmosphère chaude et sereine de paix et de réconfort moral et le disputeront victorieusement aux séductions malsaines du dehors . »

« il n’est plus aujourd’hui contesté par personne que « le taudis est le pourvoyeur du cabaret » .

Le texte se termine ainsi :  » je demande des écoles de ménagères !  »

Charmant petit texte, non ?

Suivi de conseils pour  » la bonne tenue du Ménage  » :

 

 

Et pour finir quelques conseils médicaux avec un dictionnaire, les médicaments dangereux et comment soigner les malades :

 

Une formation complète on vous dit !!!

Et puis pour se détendre un peu quelques traits d’humour et de bonnes histoires !

La légende :  – Dire que je paye vingt francs tous les matins pour que ma masseuse m’en fasse autant sur la figure ! …

La légende : – Regardez-moi celle-là, mère Durand, voilà que maintenant les poules se parent des plumes de coq !…

– C’est ce qu’on appelle le progrès ! mère Dupont !

 

Qui a dit que nos ancêtres n’avaient pas d’humour!

Ce petit agenda était donc votre coach personnel ! Il avait la réponse à toutes vos questions !

 

Il est d’autant plus émouvant qu’il date de 1914… et qu’il est resté vierge, sans doute oublié dans les stocks de l’Epicerie Louis Prost …

 

 

 

 

 

 

 

17 réflexions au sujet de « L’agenda de la ménagère »

  1. Quelle belle trouvaille…….Ce petit agenda est une merveille…. Plein de bons
    conseils…..qui rapellent de vieux souvenirs de mes arrières grand mères……
    Bonne journée et gros bisous SOPHIE. JANINE

  2. Vraiment curieux et une vrai joie. D’ailleurs controversé. On peut parler beaucoup sur ces sujets, c’est vrai qu’aujourd’hui on a la liberté, très important, mais la tranquilité? Et liberté pour rester à la maison? On doute, comme toujours ça depend de l’argent. Sans perte le point sur les hommes, vraiment sur ça, je crois, il n’y a pas de discussion, nous y avons réellement gagné. Merci, tu nous fais réellement penser. Bisous.

  3. Il y aurait peut-être quand même des idées à prendre … Je ne crois pas qu’à cette époque une maman se serait permis d’aller gifler un professeur …! Mais il est évident que nous sommes plus heureuses aujourd’hui … enfin je ne sais pas d’ailleurs, on a beaucoup de choses qui nous aident dans la vie quotidienne, mais sommes-nous vraiment plus heureuses …? Je ne vais pas philosopher là-dessus, merci en tous cas Sophie d’avoir partagé ça avec nous !
    Bel après-midi et doux bisous !
    Cathy

  4. trop bon ce genre d’agenda !!! j’adore les conseils de bonne ménagère !!! aujourd’hui heureusement , un fossé nous sépare de tout ça , mais bon , c’était il n’y a pas si longtemps…heureusement que ça a évolué …mais c’est trop rigolo…bises , flo.

  5. on devrait remettre au gout du jour
    ce charmant livre , il y aurait peut- être
    une prise de conscience sur tout ce
    débordement sur la consommation
    nos mères , tout du moins la mienne
    savait faire tout avec rien
    mais j’ aime mieux quand même l’ époque ou je vis
    les images sont très belles , très fines
    bonne journée
    tendresse
    edith

  6. et on se plaint, elles avaient quand même des conditions de vie bien plus dur que les nôtres, ça rend humble quand même !!
    bises et bonne journée
    Lo
    ps: quand même, je ne sais pas où tu déniches tout ça mais c’est vraiment génial !!

  7. Une autre vie. J’ai connu ma mère sans machine à laver, gazinière, chauffe eau, aspirateur, cireuse, etc. Son seul outil moderne était le fer à repasser électrique que je suis allée acheté avec mon père à Givet. J’avais 4ans.
    Elle se levait donc à 4h, chauffait l’eau de la toilette, du café, et tricotait nos « chemises de laine » et nos pulls. Quand les après-midi où nous allions au salon de thé, elle portait chapeau à voilette et sa tenue ne laissait deviner à personne qu’elle avait déjà abattu une journée de travail et quel travail !
    Bises et belle journée !

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