A l’ombre de mes châteaux

Ce 20 novembre jour de notre défi du mois, j’ai choisi pour thème le mot  » Château  » .

 

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 LE CHÂTEAU DU SOUVENIR

La main au front, le pied dans l’âtre,
Je songe, et cherche à revenir,
Par delà le passé grisâtre,
Au vieux château du Souvenir.

Une gaze de brume estompe
Arbres, maisons, plaines, coteaux,
Et l’œil au carrefour qui trompe
En vain consulte les poteaux.

J’avance parmi les décombres
De tout un monde enseveli,
Dans le mystère des pénombres,
À travers des limbes d’oubli.

Mais voici, blanche et diaphane,
La Mémoire, au bord du chemin,
Qui me remet, comme Ariane,
Son peloton de fil en main.

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Petite fille j’habitais Sèvres aux portes de Versailles.

J’ai une tendresse particulière pour ce château que je rêve de visiter seule un jour sans ces cohortes de touristes qui me gâchent tout.

J’ai eu la chance de découvrir les jardins en visite privée ( ICI )

J’aime ce lieu chargé d’histoires et d’Histoire qui me donne parfois l’impression que des fantômes se sont égarés dans les bosquets et les allées de ses jardins.

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                                             Désormais la route est certaine ;                                                                                                 Le soleil voilé reparaît,                                                                                                        Et du château la tour lointaine                                                     Pointe au-dessus de la forêt.

Sous l’arcade où le jour s’émousse,
De feuilles en feuilles tombant,
Le sentier ancien dans la mousse
Trace encor son étroit ruban.

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J’ai fait mes études au Palais du Louvre où j’allais avec un vrai bonheur apprendre l’histoire de l’Art .

Je me souviens particulièrement des TP d’égyptologie le soir au soleil couchant dans les salles du premier étage : une magie très particulière se crée à cette heure là .

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Mais la ronce en travers s’enlace,
La liane tend son filet,
Et la branche que je déplace
Revient et me donne un soufflet.

Enfin, au bout de la clairière,
Je découvre du vieux manoir
Les tourelles en poivrière
Et les hauts toits en éteignoir.

Sur le comble aucune fumée
Rayant le ciel d’un bleu sillon ;
Pas une fenêtre allumée
D’une figure ou d’un rayon.

Les chaînes du pont sont brisées ;
Aux fossés, la lentille d’eau
De ses taches vert-de-grisées
Étale le glauque rideau.

Des tortuosités de lierre
Pénètrent dans chaque refend,
Payant la tour hospitalière
Qui les soutient… en l’étouffant.

Le porche à la lune se ronge,
Le temps le sculpte à sa façon,
Et la pluie a passé l’éponge
Sur les couleurs de mon blason.

 

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                                                  Tout ému, je pousse la porte,                                                                                                Qui cède et geint sur ses pivots ;                                                                                         Un air froid en sort et m’apporte                                                      Le fade parfum des caveaux.

L’ortie aux morsures aiguës,
La bardane aux larges contours,
Sous les ombelles des ciguës,
Prospèrent dans l’angle des cours.

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J’ai longtemps vaincu à l’ombre du château de Vincennes .

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                                            Sur les deux chimères de marbre,                                            

  Gardiennes du perron verdi,

Se découpe l’ombre d’un arbre
Pendant mon absence grandi.

Levant leurs pattes de lionne,
Elles se mettent en arrêt ;
Leur regard blanc me questionne,
Mais je leur dis le mot secret.

Et je passe. — Dressant sa tête,
Le vieux chien retombe assoupi,
Et mon pas sonore inquiète
L’écho dans son coin accroupi. (…)

 

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Je retrouve au long des tentures,

Comme des hôtes endormis,
Pastels blafards, sombres peintures,
Jeunes beautés et vieux amis.

Ma main tremblante enlève un crêpe,
Et je vois mon défunt amour,
Jupons bouffants, taille de guêpe,
La Cidalise en Pompadour !

Un bouton de rose s’entr’ouvre
À son corset enrubanné,
Dont la dentelle à demi couvre
Un sein neigeux d’azur veiné.

Ses yeux ont de moites paillettes,
Comme aux feuilles que le froid mord ;
La pourpre monte à ses pommettes,
Eclat trompeur, fard de la mort !

Elle tressaille à mon approche,
Et son regard, triste et charmant,
Sur le mien, d’un air de reproche,
Se fixe douloureusement.

Bien que la vie au loin m’emporte,
Ton nom dans mon cœur est marqué,
Fleur de pastel, gentille morte,
Ombre en habit de bal masqué ! (…)

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                                            Dans son cadre, que l’ombre moire,                                                                                             Au lieu de réfléchir mes traits,                                                                                                   La glace ébauche de mémoire                                                   Le plus ancien de mes portraits. (…)

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Me voici dans le Midi de la France dont je commence à explorer les merveilles !

Ici le château de Marsillargues :

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 La nuit tombe et met avec l’ombre

Ses terreurs aux recoins dormants.
L’inconnu, machiniste sombre,
Monte ses épouvantements.

Des explosions de bougies
Crèvent soudain sur les flambeaux !
Leurs auréoles élargies
Semblent des lampes de tombeaux.

Une main d’ombre ouvre la porte
Sans en faire grincer la clé.
D’hôtes pâles qu’un souffle apporte
Le salon se trouve peuplé.

Les portraits quittent la muraille,
Frottant de leurs mouchoirs jaunis,
Sur leur visage qui s’éraille,
La crasse fauve du vernis.

D’un reflet rouge illuminée,
La bande se chauffe les doigts
Et fait cercle à la cheminée
Où tout à coup flambe le bois.(…)

 

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Là les remparts d’Aigues Mortes.

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Mais le jour luit à la fenêtre ;

Et les spectres, moins arrêtés,
Laissent les objets transparaître
Dans leurs diaphanéités.

Les cires fondent consumées ;
Sous les cendres s’éteint le feu ;
Du parquet montent des fumées…
Château du Souvenir, adieu !

Encore une autre fois Décembre
Va retourner le sablier.
Le Présent entre dans ma chambre
Et me dit en vain d’oublier.

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J’aime les châteaux et demeures qui ont une histoire, dont les murs gardent les secrets …

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Vous pouvez aller voir les participations à ce défi en suivant les liens :

Passiflore

L’oeil et la main

Tout douce mans

Ficelles et chiffons

Les bidouilles à Kiki

Soene aux mots passants

Les bricoles de Dame Uranie

Les petites créas de Vonnette

Calinquette 

Antiblues !

Bloguiblogons

N’hésitez pas à me dire si je vous ai oublié !!!

40 réflexions au sujet de « A l’ombre de mes châteaux »

  1. Quel joli billet !!! je me suis régalée en le parcourant, me revoilà après un mois (moins de jour) de déconnexion,
    je vais reprendre le cours de nos défis
    bisous de chez moi merci pour ce partage

  2. Un beau billet qui donne envie d’aller voir leurs jardins. Ce qui me plaît davantage. Je t’ai un peu oubliée, enfin le défi ! Prise par mes occupations, je n’ai pas eu le temps d’aller en photographier un, le tien, celui de Vincennes le plus proche pour moi si on excepte le Louvre qui n’en a pas vraiment l’allure. Mille pardons, ma belle, mais toi, je ne t’oublie pas malgré ton absence. Gros bisous et bonne journée !

  3. Tu as raison c’est dommage, toujours des touristes partout…cependant, je pensé que tous sommes égals…on n’a le privilège que`près de chez lui où peut trouver un momento de paix dans les jolis lieux. C’est pour ça que je laisse de rende visite aux lieux très touristiques.
    Plus de bisous.

  4. En fait tu as l’âme d’une châtelaine…
    J’aime aussi beaucoup les châteaux, bien sûr, et ton choix est très juste, mais je m’intéresse surtout à la vie des gens de cette époque, et pas nécessairement les têtes couronnées, la preuve : lors des visites je me rue sur les cuisines, émerveillée devant leurs magnifiques batteries de casseroles en cuivre, leur vaisselle ancienne, leurs instruments ménagers de l’époque. Et dans Versailles, ma préférence va plutôt au Hameau de la Reine qu’à la Galerie des Glaces !
    Personne n’aime les « touristes », bien sûr, mais ne le sommes-nous pas tous un peu ? Tout le monde n’a pas le privilège de visiter ces lieux en privé, et si l’on a très envie de voir un haut-lieu, et bien il faut se coltiner les sacs à dos flashy, les tee-shirts bariolés, le sans-gêne parfois et le manque de civilité de certains, hélas…
    Mais ce n’est finalement pas si grave comparé à ce qui se passe ailleurs, n’est-ce pas ?
    Bises et beau week-end

  5. magnifique ton billet !!
    j’ai adoré me promener via tes si belles photos
    j’aime beaucoup les châteaux surtout les petits, dont certains encore habités par la descendance comme je vous avais montré celui de Longpra dans ma région
    belle journée à toi
    gros bisous
    patricia

  6. Magnifique ! Je suis admirative … je t’ai suivie à pas légers 🙂
    Merci pour cette belle ballade tout en poésie qui nous rappelle que nous avons la chance de vivre dans un pays d’une richesse incroyable …
    Je te souhaite un beau week-end
    Bises à toi et caresses à Norma

  7. Merci pour ce relais que tu as tout à fait assuré !!
    beaucoup de plaisir à lire ton post et à découvrir de nouveaux endroits à visiter et d’autres aussi connus… les lumières du louvre sont particulièrement belles…

  8. Un thème que tu maîtrises à la perfection …. jolis textes et jolis photos qui font mon bonheur et me donnent des envies de grandeur 😉
    je file admirer ta visite des jardins, bien sûr !
    bonne journée Sophie, bises …

  9. Un très beau billet, et très complet. Je connais les châteaux que tu montres sauf ceux du midi forcément. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de prendre en photo ceux qui m’entourent ou de les chercher. C’est un comble car entre Chantilly, Pierrefonds et Compiègne, j’étais pourvue, mais le manque de temps et le manque d’énergie me gagnent. Bisous EVELYNE

  10. Le château de Versailles, je connais bien pour y être allée maintes et maintes fois dans mon adolescence, j’habitais Paris à l’époque, et souvent les jeudis, avec copains copines, on allait y passer la journée. Et les grandes eaux, c’était magnifique.
    L’intérieur, je l’ai vu, mais comme tout le monde, avec tous les touristes.
    Joli reportage sur les châteaux et jolis poèmes.
    Nous avons de si belles choses en France.
    Bizzz de Bourgogne.

  11. Alors moi j’aime les châteaux tu le sais, mais les petits, à échelle humaine, sans les dorures et le stuc ! Des châteaux où l’on ne se perd pas, des châteaux où l’on vit, où l’on sent l’âme des occupants d’autrefois …! En tous cas … très joli billet ma Sophie !
    Belle soirée, bisous !
    Cathy

  12. Coucou Sophie
    Un beau billet fourni qui te ressemble 😆
    Je comprends mieux pourquoi tu nous as proposé ce thème. Tu étais très inspirée 😆
    De belles images et de belles poésies.
    Je veux bien aller avec toi, seules, visiter Versailles. Je n’ai pas visiter les jardins, je regrette.
    Les remparts d’Aigues Mortes que j’ai eu l’occasion de visiter cet été sont absolument superbes. J’ai découvert cette ville et l’ai beaucoup appréciée. J’y retournerai avec plaisir, délaissant sans regret sa voisine Les Saintes Marie de la mer.
    Au 20/12, j’espère que mon thème te conviendra 😉
    Gros bisous

  13. Très beau reportage et très beaux châteaux, tes photos sont toutes plus belles les unes des autres.
    Et puis des châteaux il y en a beaucoup et de toute les époques qui sont très intéressant à visiter quand l’occasion en est donnée.
    Merci pour ce joli partage!
    Bonne fin de journée bises

  14. Que j’aime les châteaux, lors de mon passage en France, j’ai visité ceux du Loire puis Versaille et Chantilly, tous uniques et tellement beaux! Tes clichées sont superbes et tellement bien accompagnés de ces poèmes! Bise et bon jeudi tout en douceur!

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